MALCOLM SUITE - Gérard Maimone
Jeune Orchestre des Lumières
Jeudi 17 décembre, 20h30 - Grand Temple
HISTORIQUE DES GROUPES & CREATIONS DE CONCERTS
Spheroe (Michel Pérez, guitares / Gérard Maimone, keyboards / Rido Bayonne, basse / Patrick "Cactus" Garel, drums) 1972-79
Villa Borghese (Olivier Angèle, vocals / Gérard Maimone, keyboards / Jean de Antony, guitares / Jean-Jacques Martin, basse / Patrick "Cactus " Garel drums) 1980-82
Angel Maimone Entreprise (Olivier Angèle, vocals / Gérard Maimone, keyboards + 10 musiciens)1982-87
Maiden Valley (Yasmina Kachouche, vocals / Gérard Maimone, keyboards + 4 musiciens) 1992-95
Le Bal Imaginaire (13 musiciens et chanteurs ) 1995
Le Baiser de l'Archange écriture modale en hommage au peuple arménien (10 musiciens) 1996
Lisa (Tango Trio) 1997
Hommage à Maïakovski (7 musiciens 1 récitant) 1998 + re-création en décembre 2003
A Foolish Love (9 musiciens et chanteurs) 1999 - 2000
Hot Mama (Hopi Funk Machine - 8 musiciens) 2001
[Inside] écrit en hommage à John Coltrane (5 musiciens) créé en 2002
Chassés-Croisés duo piano/bandonéon-accordéon créé en 2003 avec Philippe Bourlois
The Fluffy Heart créé en 2004 en collaboration avec la chanteuse polonaise Zofia Esden-Tempska
L’Encore créé en 2004 en collaboration avec la chanteuse franco-allemande Anna Kupfer
MCR créé en 2005 en collaboration avec Jean Cohen, saxophone & Fred Roudet, trompette
Alice créé en 2005 en collaboration avec le chanteur de jazz Jérôme Duvivier
Maimone & Co (Festival Un Doua de Jazz Villeurbanne octobre 05 & Grenoble Jazz Festival mars 06)
Parade(s) créé en 2006, musiques de théâtre, quintet trompette/saxophone/trombone/accordéon/piano
Olala duo piano/bandonéon-accordéon créé en 2007 avec Patricia Hivert
Maimone à quatre mains créé en 2007, au Théâtre National de l’Odéon (Paris) : concert articulant des extraits ordonnés de Parade(s), Olala,, MCR & Alice
Eclats nocturnes duo piano/violoncelle créé en 2008 avec Nicolas Nebout
Le Baiser de l’Archange II quartet accordéon/violoncelle/soprano sax/piano, créé en 2009
DISCOGRAPHIE
Vinyles :
Spheroe (Spheroe 77 Cezame Cobra / Music Minus One)
Primadonna (Spheroe 78 Cezame Cobra)
Gate 46 (Villa Borghese 80 Phonogram)
Closed Paradise (Angel / Maimone 82 Polydor)
*Faux Semblants (Angel / Maimone 83 Polydor)
Question Piège (Angel/ Maimone 84 Phonogram)
Ultimo Ballo (Angel / Maimone 85 Island Records)
Miss Delaney (Angel / Maimone 86 Island Records)
Ici et là (Angel / Maimone 87 Comotion Musique)
*Baal / Dans la Jungle des Villes (87 TNP)
Paradis sur Terre (89 Master Box)
CD :
Musiques à Images (94 MG 001)
Lorenzo (95 MG 002)
*Le Baiser de l'Archange (96 MG 003)
*Lisa (97 MG 004)
*Electre (98 MG 005)
Hommage à Maïakovski (98 MG 006)
Spheroe (Spheroe réédition 98 Musea)
Primadonna (Spheroe réédition 98 Musea)
*Rose is venomous (A Foolish Love 2000 MG 007)
Hot Mama (Hopi Funk Machine 2001 MG 008)
Inside (Volumes 1 & 2 2002 MG 009 & 010)
Chassés-Croisés (demo 5 titres 2003 MG 011)
The Fluffy Heart (enregistrement live 2004 MG 012)
L’Encore (demo 7 titres 2004 MG 013)
*Obsessive Talk (2005 MG 14)
*Alice (2005 MG 015)
*Machu Picchu (2005 MG 016)
Traces (2007 MG 017)
*Parade(s) (2007 MG 018)
*Olala (2007 MG 019)
*Aghavni ( 2008 MG 020)
*Eclats nocturnes (2008 MG 021)
*MCR/Noche (2008 MG 022)
NB : Les titres signalés par un astérisque sont disponibles et peuvent être commandés par mail.
CRITIQUES
« Loin des repères habituels des genres ou des courants, Gérard Maimone déroule sa musique sans aucune balise ou limite quelconques.
Il a trouvé à l'horizon de toutes les musiques un point qui l'identifie dès les premières mesures.
Une écriture mélodique comme une signature, avec un sens esthétique très personnel, presque pictural.
Le théâtre, genre visionnaire, a su s'approprier cet "univers Maimone" pour enrichir son vocabulaire. »
Jean-Philippe Lajus / Musique & Mouvement
« Cet homme est recherché pour avoir, pendant quatre décennies, échappé à toutes les tentatives de lobotomie et avoir voulu, envers et contre tout, produire ses musiques plurielles en toute liberté, contre toutes règles préétablies, en dehors de tout système de codes/modes, entraînant dans son sillage des hordes de musiciens indomptés, écrivant jour après jour quelques pages apocryphes des musiques successivement actuelles au sein de l’hexagone.
Issu du milieu interlope du jazz des années 60, dont les chefs de gangs outre-atlantique se nommaient Monk, Coltrane, Davis…, il osa très vite faire acte de déviation en épousant contre nature la musique progressive des expériences hendrixiennes ou de la Soft Machine, avec une tendresse non dissimulée pour les « dance » concepts d’Otis Redding ou de James Brown.
Au moment où après sept années de pratiques jazzrockiennes les critiques pensaient l’avoir définitivement circonscrit, il échappa à nouveau pour céder aux charmes des musiques des Alan Vega, Howard Devoto, Devo, Magazine, B52…, tout en continuant à vouer un culte intemporel aux Rota, Debussy, Mozart, Weill, Piazzola, Ravel, Bach, Marley, Monteverdi, Shankar, Coltrane encore…
C’est alors que l’on comprit que cet homme était fou, incapable de s’inscrire dans un espace mental unitaire, déchirant à belles dents, à perdre haleine, les musiques de tous les siècles, de tous les lieux pour, cannibale musicovore, se nourrissant de tous ces pères, tenter d’inventer son propre langage multiforme.
Il s’associa sept années durant au funambule poète chanteur Angèle pour imaginer, de Polygram en Island Records, de Printemps en Festivals, deux cent quarante et une chansons, sans autre commune mesure que le plaisir que déclenchaient ces êtres étranges sur les scènes de leur périple.
Au moment où, après sept années de pratiques showbiziennes, le Panthéon se profilait, Maimone choisit la solitude pour englober théâtre, danse, images, opéra, dans ce désir pathologique de faire et défaire à peine fait.
Puis, après sept nouvelles années de solitude, quand il crut avoir fait le tour des possibles tangos, lieder, fictions d’orient…, huit musiciens chanteurs, rencontrés au hasard des chemins, lui inspirèrent un sacré désir de funkrapfreesongsjazz, avant que de plonger jusqu’aux tréfonds de soi pour un ultime retour aux sources, en offrande à ses premiers amours, Thelonius, John ou Miles… »
Jeff Bachman in Jazz Letter (2005)
« Je ne parlerai pas de cet « avant ». De cet « avant » où nous nous sommes rencontrés.
Et les mots sont faibles pour décrire l'importance de ce moment où votre vie bascule.
Vous êtes adolescent, votre culture musicale c'est un peu « Salut les copains », « Take five », « Les concerto pour trompettes de Vivaldi » et puis tout à coup, surprise, inattendus voici que font irruption, Thelonius Monk, Frank Zappa, John Coltrane et d'autres encore dont vous retiendrez un jour les noms, les thèmes ou les orchestrations.
Et derrière ces noms de musiciens emblématiques, c'est encore autre chose qui se faufile – une attitude, une voix, une rigueur, une authenticité que vous ne rencontrez qu'une ou deux fois dans votre vie.
Ce n'est pas un secret, chaque metteur en scène, chaque cinéaste, chaque chorégraphe, rencontre dans sa jeunesse un - ou plusieurs - collaborateur, Fellini, Mastroianni, Nino Rota ; Forsythe, Tom Wilhem ; d'autres encore, les exemples foisonnent, qui marque et oriente son travail.
En ce qui me concerne ce furent Jean-Pierre Vergier, Gérard Maimone et Ariel Garcia Valdès.
Ces amis, ces artistes, furent décisifs pour m'aider à fixer mon esthétique et le cadre de ma recherche.
Mais ce soir. Nous sommes en avril 2006. Les oiseaux chantent dans la cour. J'écoute un CD de musiques composées et interprétées par Gérard Maimone. Immédiatement des images surgissent. Ce sont des pantins livides – des valses tristes – des couples qui se déchirent et s'embrassent désespérément. Ce sont des trains, des nuages, des phrases d'écrivains, de Pessoa, de Nerval, des villes, Rome et Lisbonne, ce sont des cités françaises et des banlieues sans stéréotypes – les Minguettes ou Paul Mistral à Grenoble où mon père préparait si bien les frites le dimanche. C'est en même temps quelque chose d'une Europe spoliée où les cultures « mineures » (au sens de Deleuze), juives, arméniennes, refont surface, mais comme réinventées mais surtout sans aucune nostalgie identitaire. Et on imagine immédiatement que tel marché d'Erevan côtoie un village africain, une banlieue de Jérusalem, un « zocalo » mexicain.
Alors loin des clichés ne demeurent que la vérité, l'authenticité, la violence et le bonheur de la musique lorsqu'elle jaillit sous les doigts angoissés d'un pianiste dont ce fut la seule et unique préoccupation.
Et, bien sûr, il y a une forme d'obscénité à rappeler cela : que nous sommes emplis de bonheur lorsqu'on marche seul sous la pluie sur la bande d'arrêt d'urgence d'une autoroute, – silhouette découpée par les phares, – mains dans les poches –, sifflotant un air de Monk avec cette innocence primitive que personne ne pourra jamais nous contester. Dernière image. Plein été, en Ardèche, les notes tellement évidentes de Gérard. Au milieu des champs d'abricots. Ces notes qui n'ont eu de cesse de se transformer, de s'organiser mais pour toujours revenir là.
A l'origine d'un amour tellement simple qu'il vous arrache les larmes des yeux. »
Georges Lavaudant, metteur en scène (2006)